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19 mars, journée du souvenir pour les victimes de la guerre d'Algérie

Posté le 18 Mars 2013 par Éditions Apogée Aucun commentaire actuellement

À l'occasion du 19 mars, journée du souvenir pour les victimes de la guerre d'Algérie, retour sur La Danse de cœur de Jean-Pierre Védrines.

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Pourquoi situer l'histoire de votre livre pendant la guerre d'Algérie ?
Ce livre est issu d’un premier texte plus court que j’avais écrit sur la guerre d’Algérie en 1990. Mais l’aspect de la souffrance du personnage principal, étranger à cette guerre comme à toutes les guerres, ne pouvait s’arrêter là. Il m’a fallu une vingtaine d’années pour arriver à faire évoluer le personnage vers sa propre libération qui donne sens à sa lutte dans La Danse de cœur. La guerre d’Algérie a marqué profondément les jeunes soldats de ma génération, c’est sans doute une explication.

Quel rôle un roman peut-il avoir sur un sujet tel que la guerre d'Algérie ?
La guerre d’Algérie n’occupe pas tout le roman, puisque le personnage principal rentre en France, réformé, où il est confronté au chômage et à la traque d’un réseau de tueurs. Mais que lui reste-t-il de cette guerre ? Certainement l’amour de l’Algérie et la haine d’un système qui, durant plus d’un siècle, a exploité un peuple vaincu. En Algérie, Soubeyran trouve le courage de résister au bourreau. En France, il sera poursuivi par les tueurs de « La Main rouge » qui ont décidé d’assassiner ceux qui furent favorables au FLN. La liberté est à ce prix qu’elle ne laisse aucune place au compromis.

Faites-vous des correspondances entre la guerre d'Algérie et la crise que vit actuellement ce pays ?
Il me semble que l’Algérie, cinquante ans après la guerre d’indépendance contre la France, peine à trouver la place qui devrait être la sienne dans le concert des nations. La complexité de la situation algérienne et son dualisme associant des aspects traditionnels et modernes ne peuvent être que le fruit de son histoire. Ils révèlent la nécessité d’une politique de développement dont bénéficieraient toutes les couches de la population. Et ce développement, ici comme ailleurs, ne peut être importé. Il doit être mis en œuvre par les Algériens eux-mêmes.


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