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Monthly Archives: February 2014

  • Denis Rigal à La Petite librairie (Brest)

    Posté le 14 Février 2014 par Éditions Apogée

    Denis Rigal, auteur de Éloge de la truite — salué avec chaleur par Jérôme Garcin —, rencontrera ses lecteurs à La Petite librairie (Brest, rue Danton) le vendredi 14 mars à 18 h. Renseignements au 02 56 29 06 35.


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  • Les auteurs de L'Âme du cidre sur Radio Rennes (100.8)

    Posté le 13 Février 2014 par Éditions Apogée

    Samedi 15 février, retrouvez Pascal Glais et Michel Dugué (L'Âme du cidre) sur l'antenne de Radio Rennes dans l'émission de Gaby Aubert "Pluriel" à 10 h 10 et 23 h 10. Rediffusion le dimanche matin.


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  • Une quête de sens drôle et inventive

    Posté le 4 Février 2014 par Éditions Apogée

    Chemin des équinoxes d'Alain Roussel
    par Pierre Vandrepote

     

    Voici un livre qui, pour une fois, n’est pas un roman,qui ne prétend pas en être un afin d’en utiliser l’étiquette commerciale, voici un livre parfaitement inclassable, hors mode, hors temporalité, un livre qui est d’abord une assez indéchiffrable trajectoire, une mystérieuse initiation aléatoire où rien n’est jamais sûr, ni la pertinence de ce qu’on croit être la réalité, ni l’impertinence d’êtres apparemment fictifs ou imaginaires. L’auteur, Alain Roussel, dont on commence à savoir qu’il n’est pas un poète comme les autres, qu’il a inventé une vitesse d’écriture liée à un rythme mental tout à fait personnel, n’est certainement pas un inconnu, bien qu’il ne participe pas de la cohorte des littérateurs saisonniers qui font la une de l’autofiction régulièrement repeinte.

    Chemin des équinoxes serait-il une fable sans morale ni loi, un conte foutraque, une allégorie désespérée, une histoire à dormir debout dans le poulailler de l’enfance, comme il y en eut tant dans chaque maison de province au lendemain de la Deuxième Guerre ? En vertu de l’adage qui préside à cet ouvrage et qui veut que tout soit vrai sans que rien ne soit faux et réciproquement, on peut appuyer ici sur la pédale qu’on voudra, celle du sérieux, voire du lyrique, celle de l’humour avec la dose nécessaire de dérision. Inutile toutefois d’appuyer sur celle du frein, elle ne fonctionne plus depuis longtemps et, de toute manière, comme chacun sait, la peur n’évite pas le danger ni ne déplace les murs.

    L’homme a-t-il le choix, entre quoi et quoi ? Sommes-nous les maîtres de notre destin ? Qui parle à travers nous lorsque nous parlons ? Toute création est à la fois tragique et comique, dieu et diable en savent chacun quelque chose, et nous misérables créatures porteuses de tous les vices des demi-créateurs que nous sommes, n’avons pas fini de courir à travers dunes et neiges que les premiers coups de vent s’évertuent à balayer, faisant de nos traces des empreintes toujours plus vite effaçables.

    L’humour corrosif d’Alain Roussel est sans doute ce qui contribue le plus à donner une forte originalité à ce type de texte dont la veine métaphysique affleure de façon évidente. Jamais toutefois cet humour n’est gratuit ou inutile et son élan lui est à chaque fois communiqué par une vivacité d’imagination superbement rare dans les productions littéraires actuelles. De plus, largement nourri de cultures non dominantes, renvoyant avec adresse et profondeur à des savoirs ésotériques anciens, qu’il maîtrise à l’inverse de beaucoup, il parvient à créer un espace de liberté où le plus incongru peut surgir à tout moment sans jamais se retrouver hors du sens. Au contraire, la quête du « sens » est une question rédhibitoire chez l’auteur, on la retrouve de livre en livre, toujours abordée de façon neuve, inventive.

    À mes yeux, ce n’est pas le moindre paradoxe qu’un livre comme celui-ci se livre (justement) à l’aventure de l’écriture comme peu d’autres. Curieusement, ne sont jamais bien loin certaines grandes ombres tutélaires, au risque du plus grand écart, Mallarmé pour l’interrogation poétique, Rabelais pour la théosophie débridée : « Au fil de sa marche, le sol se dérobait constamment sous son pied. Il avançait péniblement, montant et descendant les monticules de sable. C’était comme une phrase interminable, pleine de hampes et de jambages, qu’il écrivait avec son corps sans vraiment en saisir la signification, ce qui faisait naître en lui un sentiment d’inachèvement, mais aussi de curiosité insatiable. »

    Je ne suis pas persuadé pour autant qu’Alain Roussel mourra la plume à la main, mais c’est toute la « Poule », la sensuelle Églantine des Caquets qu’il nous aura, au préalable, donnée à rêver. Le voyage que propose ce Chemin des équinoxes vaut le déplacement et les détours, aucune autre agence ne l’a programmé pour l’instant, raison de plus pour ne pas résister à ses sirènes, à son incroyable chant du coq.

     


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